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  • Photo du rédacteurGenny K

Laissons nos chevaux être des herbivores

Dernière mise à jour : 3 févr. 2022

Le cheval est un herbivore


On ne s’en rappelle pas forcément, tant il est devenu commun de lui donner des céréales, mais le cheval est un animal herbivore. A l’état sauvage, son régime alimentaire de base est composé d’herbe, de plantes fourragères et de légumineuses. Il ne consomme pas de céréales dans la nature.


Un système digestif lent, sans vésicule biliaire


Le cheval a un petit estomac pour sa taille et un très long gros intestin. Il est fait pour l’ingestion de fibres brutes en continu. Le cheval ne possède pas de vésicule biliaire. Son organisme produit de la bile en permanence. De ce fait, son estomac qui se vide au bout de trois heures est exposé à l’acidité de la bile directement sur la paroi de l’estomac, ceci entraînant des ulcères. Les chevaux qui n’ont pas accès au fourrage continu sont inéluctablement exposés à ce problème.


Il est donc indispensable pour sa santé que votre cheval ait accès à l’herbe, ou en cas de manque d’espace ou pendant l’hiver, au foin à volonté, (ou au minimum toutes les trois heures), pour que son système digestif fonctionne normalement. Le foin est une version séchée de l’herbe qui est idéale pour le cheval. Il est riche en fibres, et peu énergétique. C’est la base de son alimentation en écurie. A calculer sur la base de 1,5 kg par 100 kg de poids vif si votre cheval est rationné et doit passer une part de son temps en box (en hiver par exemple).


Afin de compléter cet apport de base en protéines végétales qui favorisent le métabolisme, il convient de proposer à votre cheval de la luzerne. La luzerne est une légumineuse. Les légumineuses sont naturellement consommées par le cheval à l’état naturel, chose qui n’est pas le cas pour le céréale qu’il ne touchera pas spontanément dans la nature. La luzerne ne remplace pas le foin, elle le complète. En botte, son apport doit être équivalent à un quart de ce que vous auriez donné spontanément en foin à votre cheval s’il était rationné. Il est possible d’acheter en ligne des sacs de luzerne séchée. Vous pouvez également proposer un repas de luzerne par jour sous forme de granulés de luzerne à réhydrater. Attention toutefois aux points suivants :


1. Certains granulés de luzerne comportent de la mélasse pour rendre le tout plus appétant. Votre cheval n’est pas fait pour manger du sucre.


2. Certains granulés comportent des compléments vitaminés, dits CMV. Ces compléments sont positifs pour recharger les batteries une semaine à l’entrée de l’hiver, mais pas au-delà. Si vous souhaitez essayer de prendre des compléments multivitaminés en continu vous-même, vous observerez au bout de 10 jours des troubles multiples qui s’accentueront avec le temps. Nous en reparlerons plus bas.


3. La luzerne déshydratée doit absolument être réhydratée avant d’être donnée à votre cheval. Idéalement, quelques heures avant.


4. Si votre cheval présente des ulcères avérés chroniques, le gastrogarde est un médicament sous prescription vétérinaire efficace. Il s’agit d’un pansement gastrique d’urgence pour soulager le cheval. Il permet d’éviter que la bile et l’alimentation entrent en contact avec les plaies internes de l’estomac. Si votre cas de figure n’est pas au point de générer de colique d’ulcère chez le cheval, le changement d’alimentation préconisé ici, couplé au soin de Julian, suffira à soulager durablement votre cheval et éradiquer ce souci. Nous recommandons l’ajout d’un bouchon d’aloe vera liquide dans la luzerne réhydratée pour apaiser la paroi de l’estomac qui est irritée, sur environ 3 semaines.


5. L’ajout d’une pincée de sel contribue à réduire l’acidité dans l’estomac. C’est une habitude que vous pouvez garder à vie. Garantir un accès à plusieurs types de pierre à sel à vos chevaux est aussi important. Sel d’Himalaya, sel blanc, sel + magnesium. Ils sauront choisir selon leur besoin.


La luzerne a eu mauvaise presse en France car elle a été, pendant un temps, donnée en quantité similaire à du foin. En effet, surdoser la luzerne peut être néfaste car elle est riche en protéine et se digère plus lentement que le foin. Veillez de ce fait à respecter les quantités préconisées. Les chevaux d’Amérique du nord, Canada, Etats-Unis et Mexique ont tous de la luzerne quotidiennement. Faute de foin, certains chevaux au Mexique sont nourris exclusivement à la luzerne en étant rationnés. Ce schéma mexicain n’est pas idéal non plus, mais cet exemple vous permet de prendre conscience que cet aliment essentiel doit retrouver sa place dans l’alimentation naturelle du cheval en Europe, sans préjugé.


La teneur en protéines des céréales est faible : moins de 100 grammes de protéines brutes par kilo de matière sèche pour le maïs, l’orge et l’avoine. La luzerne apporte un complément protéiné que ni le foin, ni les céréales ne peuvent donner. Pour des chevaux actifs, cet apport luzerné est déterminant.



Pourquoi l’homme a t-il introduit des céréales dans l’alimentation du cheval ?


A l’état sauvage, le cheval broute de l’herbe, non des céréales. L’ajout de céréales à son régime alimentaire est dû seulement à l’intervention de l’homme. Le cheval était sollicité toute la journée pour le travail au champ, pour faire la guerre, ou pour 30 km par jour de déplacement lorsqu’ils étaient des véhicules. Il fallait transporter avec soi de quoi les nourrir en chemin (une botte de foin était moins confortable qu’un sac d’orge). Il fallait aussi réussir, en 20 minutes de pause x 4 repas, à leur donner une alimentation suffisamment concentrée couvrir l’apport calorique qu’ils auraient dû avoir en 4 x 4h de broutage, soit 16h de broutage.


Aujourd’hui, si vous ne vous déplacez pas d’un bout à l’autre du département avec votre cheval, qu’il ne vous accompagne pas sur un champ de bataille, et qu’il n’a pas pour vocation de faire 10h de laboure, le céréale n’a aucun intérêt, mais le met plutôt en danger.


Les dangers des céréales


Pas assez de fibres


Les céréales ne comprennent qu’une faible proportion de fibres : moins de 10% pour le maïs et l’orge, à comparer avec un taux de plus de 90% de fibres pour le foin de pré, et de plus de 60% pour l’herbe pâturée. Le transit de votre cheval est ralenti et les coliques de bouchons sont plus fréquentes.


Le danger de l’amidon


L’apport énergétique rapide des céréales est essentiellement dû à la présence d’amidon. L’amidon est un sucre complexe ; il fait partie de la famille des glucides et permet de délivrer de l’énergie rapidement, mais son inconvénient majeur est que les chevaux ont du mal à le digérer. Il est présent en proportion différentes suivant les types de céréales : le maïs en contient plus de 60%, l’orge et le seigle un peu plus de 50%, l’avoine en contient 36% et le son de blé 20%. L’amidon entraîne un ralentissement du processus de digestion ce qui nécessite l’augmentation de production de bile. Ce qui génère les ulcères. On constate également une stagnation plus importante de l’alimentation dans l’estomac, un ralentissement du transit, et une situation d’inflammation intestinale (les parois irritées se réparent continuellement). Car le cheval n’a que peu d'enzymes de transformation de l'amidon disponibles dans ses intestins, la partie non digérée dans l’intestin grêle va atteindre le gros intestin et sa fermentation s’y poursuivra entraînant une irritation douloureuse des muqueuses intestinales. A noter également en cas de trouble immunitaire ou de présence de parasite : les bactéries et parasites se nourrissent de sucre. Autant éviter de les alimenter. Au contraire, les bactéries et parasites fuient le sel.


Et les granulés sans céréales alors ?


Les granulés sans céréales évitent les troubles relatifs à l’apport de sucre et d’amidon. C’est déjà une bonne chose. Toutefois, ils représentent tout de même un apport concentré de ce qui aurait du être ingéré en plusieurs heures. Si le contenu n’est donc pas mauvais en soi, il ne permet pas sous cette forme une digestion lente et progressive que seul le fourrage permet. Il est aussi très courant que les granulés sans céréales comportent de la mélasse, ou des compléments vitaminés dits CMV.


L’excès de CMV, quelles conséquences ?


Les compléments multivitaminés sont rarement nécessaires pour les chevaux disposant d’un apport en luzerne. Toutefois, en prévision de l’hiver, ou à la sortie de celui-ci, prévoir une semaine de complément vitaminé a du sens. Le corps peut alors choisir dans ce complément ce dont il a besoin, puis stocker le reste pour l’utiliser à sa guise au cours des mois qui suivront s’il le juge nécessaire, avant d’évacuer par les reins tout ce qui lui semble inutile.


Un complément vitaminé ne doit toutefois jamais être donné en continu. Le corps ne sait absolument pas quoi faire de ces quantités astronomiques de vitamine. Leur excès entraîne une fermentation de l’alimentation, et donc une prise de volume de l’estomac, une fatigue excessive des reins et du foie. Le corps qui ne parvient pas à évacuer ces substances cherchera à les faire sortir par la peau, ou par les pieds. Des dermites et des fourbures ont été résolues par le simple arrêt de CMV. Nous avons également constaté un stockage de ces vitamines dans les tissus du fascia du muscle appelé le grand psoas, ceci limitant le bon fonctionnement de toute l’arrière main. D’autres troubles neurologiques sévères ont également été constatés, notamment suite à l’apport de vitamine E, étonnamment très recommandé actuellement. Ce sont des exemples non exhaustifs des conséquences de CMV donnés en continu, ils seraient trop nombreux à citer.


Nous espérons que ces explications vous permettront de comprendre les recommandations alimentaires qui vous sont données pour votre cheval. Nous avons conscience que ce discours peut aller à l’encontre de recommandations de nutritionnistes et de certains vétérinaires de l’ancienne école. Nous assumons ce positionnement en ce qu’il s’appuie sur des milliers de témoignages de chevaux et en ce que les résultats obtenus par leur mise en pratique sont époustouflants. Les soins de Julian peuvent soulager votre cheval. Mais sans la mise en place de ces principes alimentaires, le soulagement ne pourra être que temporaire. Hors notre but est que vous puissiez fonctionner en toute harmonie, et en toute autonomie, durablement, sans notre soutien.


Reprenez le contrôle alimentaire de votre cheval, pour son confort et sa santé, autant que pour votre performance et la qualité de votre relation.


Nous vous recommandons aussi la lecture de notre dossier complet au sujet de la luzerne: www.julian-genny.com/luzerne

Vous y retrouverez une explication complète de son fonctionnement et ses bienfaits, des revus scientifiques et articles, et des témoignages de professionnels qui ont mis ces changements en place. Affectueusement :) Ifigeneia et Julian


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